Quantcast

Pen Bron ou le "vaisseau hôpital"

La commune de la Turballe est née de l'implantation des premières conserveries du département de Loire-Inférieure autour des années 1850. A proximité de cette commune, le 8 septembre 1887 ouvre le premier hôpital marin ou "vaisseau hôpital" à Pen Bron  sous l'impulsion de M. Hyppolite Pallu.

M. Hyppolite Pallu est un ardent défenseur des hôpitaux marin ; Il cherchait depuis des années déjà, l'emplacement idéal pour édifier un sanatorium pour y accueillir tous els enfants scrofuleux.

Dans les dunes, les pins 

Dans la presqu’île de Pen Bron, sur les 100 hectares achetés en 1887 par les promoteurs de l’hôpital marin, seuls ceux situés à son extrémité, en bordure immédiate de la propriété, ont été plantés avec succès en 1890.



Le sanatorium de Pen Bron


 

Pourquoi Pen Bron? 

Une presqu’île où l’air y est vif, iodé. Un bout de terre entre dunes, vasières, et marais salants…Le Croisic, La Turballe  et la mer…

 
Appelée grande dune de Pen Bron, pour sa hauteur de 7 à 12 m au-dessus de la mer, ce cordon sableux de 5 kms, qui se dirige depuis la Turballe vers le Croisic, forme une barrière protectrice entre l'océan et les marais salants. 

La route de Pen Bron traverse une forêt de pins marins et au bout de cette voie, apparaît  un bâtiment, avec en son centre une chapelle, c'est un ancien hôpital pour enfants construit en 1887, devenu depuis un Centre marin privé qui s'est spécialisé dans la réadaptation fonctionnelle et la rééducation ; Il accueille des adultes et des enfants présentant un ou plusieurs handicaps à prédominance motrice.

Sur ce site classé, protégé pour ses dunes, vous atteindrez une plage au sable blanc et fin, une eau clair, devant vous le bleu de l'océan, si important pour  une bonne convalescence, pour les enfants comme pour les adultes.

 

csc019.jpg © Collection particulière

 

Un centre héliomarin est un établissement médical de cure, situé à proximité de la mer.

On y utilise simultanément l'action thérapeutique des rayons du soleil et de l'air marin. Les premiers centres furent créés à la fin du XIXe siècle pour soigner les patients atteints de tuberculose. Aujourd'hui, les centres hélio-marins voient leur activité se diversifier notamment avec la rééducation fonctionnelle qui s'adresse à un public principalement victime d'accidents de la route, d'accidents domestiques, et de manière générale les personnes ayant bénéficié d'une ostéosynthèse.

   

La rencontre d’un homme  et d’un environnement, 1886

Hippolyte Pallu, un homme qui  se voua aux enfants tuberculeux.

Hippolyte Pallu est né le 8 octobre 1833, à Troyes ; Engagé à l’âge de 18 ans, il a fait la campagne de Crimée où il a été blessé. En 1859, il est retraité comme adjudant à l’école de Saint-Cyr, lieutenant puis capitaine dans la garde mobile de l’Yonne  en 1870.

En 1871, il est sous-inspecteur des Enfants Assistés à Niort, puis inspecteur dans le Gers en 1873. Il est enfin nommé à Nantes en 1878.

Il trouva Pen Bron, un jour, errant sur la grève : "Climat, ventilation, luminosité, éloignement de toute agglomération font de cette presqu’île, selon le mot du fondateur, une véritable trouvaille" (Extrait de Pen-Bron.1887-1987, de Yves HOREAU). 


En 1886,  Hippolyte Pallu  met en oeuvre son projet. Il s’assure alors  le concours de personnalités locales et l'aide des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul.

 

Pen-Bron-copie-1.jpg  © Collection particulière

 

Le 9 juin 1887, en son nom propre, il loue les bâtiments et terrains et dès janvier 1888 sont  déposés les statuts de l'Association de Bienfaisance de l'hôpital marin de Pen Bron.
Dès la première année, il abrite quelques enfants et trois soeurs.

 

Le bâtiment : Tour à tour, usine de conserve, atelier d'équarrissage, magasin de sel, ce bâtiment était désaffecté depuis 1882-1883. 

 Hippolyte Pallu trouve un ardent défenseur de son oeuvre en la personne de Pierre Loti. Ce dernier, grâce à des articles dans le Figaro, puis à des pages bouleversantes dans son livre De la pitié et de la mort attire l'attention du public et de l'État.


"Les petits malades nouveau-venus, qui ne peuvent pas encore sortir, au lieu de regarder de grands murs gris, comme dans les hôpitaux ordinaires, s'amusent, de leur place à voir les bateaux passer et reçoivent jusque dans leur couchette le grand air vivifiant du large" , Page 167

Extrait du livre de Pierre Loti, De la pitié et de la mort

 

Pen Bron 1908

 

En 1893, Pen-Bron est reconnu d'utilité publique.

Les dons affluent : Mme Furtado Heine offre les 40 000 F. nécessaires à l'acquisition des 113 hectares de terres entourant l'établissement.

MM. Beer et Michel Ephrussi accordent chacun 50 000 F pour la réalisation de 2 pavillons de 32 lits. Le Pari mutuel apporte aussi sa contribution pour 8 autres pavillons. 
Les travaux s'échelonnent de 1894 à 1901-1902, date d'achèvement du bâtiment central.
En 1896, les dortoirs sont terminés et peuvent recevoir 350 enfants ; jeunes filles de tout âge et garçons jusqu'à 15 ans. 
La chapelle, oeuvre de M. Gralpois, est inaugurée sensiblement au même moment, tandis que le service d'eau et l'électricité sont installés.

L'hôpital marin est une véritable petite ville. Il se suffit entièrement à lui-même.
En 1897, il abrite 254 enfants, et près de 2000 jeunes malades y ont déjà été guéris ; on ne compte alors qu'une dizaine de décès depuis sa création.

En 1903, on décerna le titre de fondateur du sanatorium à Hippolyte Pallu , celui-ci décéda en 1921.

 

1913.jpg

  © Collection particulière Pen Bron 1913

 

csc025.jpg

  © Collection particulière


L’intérieur de la Chapelle et les extérieurs ont servi de décor pour le long-métrage "Marthe" de Jean-Loup Hubert en 1997.

 

Chapelle-Pen-Bron.jpg

   

 


Le cimetière des enfants de Pen Bron


 

Avant la création de ce cimetière,  le transport des corps se faisait en canot pour rejoindre la ville, un parcours laborieux pour pouvoir enterrer ces enfants au Croisic.

Les formalités  devaient se faire à la Turballe

C'est en Novembre 1890 qu'il fut pris la décision de créer un cimetière à Pen Bron. Il a été convenu que celui ci soit érigé dans la dune, proche du Centre et les autorisations furent données en 1901.

Là sont enterrés une centaine d'enfants venus au centre pour guérir de la tuberculose ou de la poliomyélite, emportés dans les années 30 à 50, dans leur plus jeune âge

Leurs tombes blanches alignées, indiquent juste leur prénom, la date du décès, leur âge. À leurs côtés, au centre, une soeur de Saint-Vincent de Paul, semble les rassurer et les protéger.

Bernard Clavel auteur de Fleur de Sel écrivit dans la préface de son livre des mots touchants, des mots simples et troublants…

"A deux ou trois sabotées au nord de Pen Bron, vous découvrirez un jardin d'enfants plus émouvant que tous les crépuscules. C'est un petit enclos entouré de granit et d'une haie de fusains taillés ras et qui sont là pour que le vent ne morde pas directement le sol, pour que ce jardin ne s'ensable pas trop rapidement. Un tamaris torturé par le souffle puissant de l'océan marque l'entrée. Six marches de pierre descendent à la grille qu'on ne ferme jamais.
Les enfants qui sont ici ne s'en iront pas, et nul ne viendra les déranger.
Au centre de l'enclos, une religieuse de quatre vingt six ans veille sur eux qui dorment en écoutant la grande voix de la mer. Chacun a son petit rectangle de sable entouré de planches. Une croix de bois peinte en blanc y est plantée qui porte une date, un âge et un nom. Ils sont là, une centaine. Roger, cinq ans ; Yvette, deux ans ; Simon, dix ans ; Christiane, trois ans; Françoise, six mois ; Denis sept ans ... Ils ne sont pas tristes. Ils ont cessé de l'être. Ils ont le sable et le soleil, et cette bonne soeur qui ne les quitte pas. cette bonne soeur qui leur montre sans doute des chemins de lumière, des sentiers sans épines et bordés de fleurs plus lumineuses que celles de l'ajonc doré, plus parfumées que les minuscules points multicolores de cette flore des marais ou viennent butiner quelques abeilles sauvages"

MORIN Paul & CLAVEL Bernard : Fleur de Sel - les marais salants de la presqu’île guérandaise. (Edition du Chêne, 1975 réédition en 1985)

 

Accès à quelques photos.

 


Sources :

1) XIXe siècle La naissance des bains de mer, La Baule et la Presqu'île guérandaise

Jean-Bernard Vighetti, Editions Siloë 

Août 2003, 165 P   croisic pen bron

 

Pen Bron 12-07-2010©MLPen Bron 12-07-2010

©ML

Pen Bron 12-07-2010

©ML

Pen Bron 12-07-2010

©ML

Pen Bron 12-07-2010

©ML

 

Les dunes de Pen Bron

©ML

 

 

 

 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés