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L’industrie des conserves de sardines à l’huile est née en France après 1820, à Nantes, dans la fabrique de Pierre-Joseph Colin. Très rapidement, cette branche d’activité connaît un développement considérable sur le littoral breton et vendéen. La production monte en flèche passant de 3 millions de boîtes en 1850, à 10 millions cinq ans plus tard, 30 millions en 1866 et plus de 40 millions en 1900 à l’apogée de la fabrication française.
La commune de la Turballe est née de l'implantation des premières conserveries du département de Loire-Inférieure autour des années 1850.
A La Turballe, comme dans l’ensemble des ports de la Presqu’île, l’arrivée des bateaux de pêche attire les populations sur les quais.
La pêche est rapidement portée chez les marayeurs. Les sardines sont alors comptées par 100 et mises dans des caissettes – le pêcheur jette les sardines 3 par 3 dans ladite caissette puis en ajoute une dernière. Dans le parler local 3 sardines forment une "lance".
Il existait à Batz et à Trescalan une corporation de voituriers qui se chargeaient de transporter les sardines - en charrettes ou à dos de mulet.
Extraits de "La Revue des deux mondes. 1868 . nov.-déc.."
La Turballe : pêche à la sardine
*Il suffit de jeter les yeux sur la carte et de considérer les rivages de l’océan de l'Océan à droite et à gauche de la basse Loire pour juger que la topographie locale s'adapte merveilleusement aux exigences de la pêche côtière.
*Cependant une pêche spéciale, celle de la sardine, y domine toutes les autres. Elle règne à peu près exclusivement au Croisic, à la Turballe, au Pouliguen, à Piriac. Elle occupe dans ces ports près de deux cents bateaux la plupart dans les deux premiers, qui sont en même temps de grands marchés ouverts au commerce de la sardine. Cette pêche commence en mai et dure six ou sept mois par an.
*A la Turballe, deux circonstances améliorent un peu la situation : les femmes trouvent plus fréquemment à s'employer dans les confiseries de sardines, qui sont là plus nombreuses qu'au Croisic, en outre les familles ont presque toutes un morceau de terre à cultiver, ce qui manque absolument de l'autre côté de la rade ; et ce qui serait d'ailleurs en dehors des goûts des Croisicais.
*Elles ne marchent pas constamment, même pendant l'été ; les ateliers se vident ou se remplissent selon les alternatives de la pêche. Les opérations devant d'ailleurs s'exécuter d'urgence, on ne perd pas un moment pour compter les sardines, pour les laver, les saler, les plonger dans l'huile bouillante, les faire sécher sur des treillis en fil de fer, enfin pour les ranger dans les boîtes de fer-blanc, qui sont mises en dernier lieu durant quelques heures dans des chaudières d'eau en ébullition. Le succès de l'opération dépend surtout de la qualité de l'huile employée. Si l'huile est mauvaise, ou si l'on utilise trop longtemps la même huile sur les fourneaux, les produits laisseront forcément à désirer.
*Les premières confiseries remontent à une vingtaine d'années tout au plus.
*Pour les produits de la pêche, comme pour ceux des salines, la construction du chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic et à Guérande figure au nombre des mesures qui promettent les résultats les plus significatifs.
*A La Turballe, par exemple, où règne une si grande activité, où l’on a vu en douze ou quinze ans s'édifier une petite cité sur un point à peine habité jadis, il n'existe qu'une sorte de digue très courte, insuffisante pour .abriter dans la mauvaise saison les barques pressées contre ce rempart, où elles se heurtent les unes les autres. Pourtant nous sommes ici devant une rade splendide, où l'eau abonde et permet tous les arrangements désirables.
*La pêche devient une industrie progressive, tandis que la pêche de la sardine, réduite à elle-même, semble devoir rester stationnaire.
Il ne suffirait pas néanmoins aux pêcheurs du Croisic, de la Turballe et des autres points de cette partie des côtes, d'obtenir l’amélioration de leurs ports et d'accroître le cercle de leurs opérations. Il faut encore qu'ils puissent compter sur des conditions favorables pour leurs envois et pour le commerce à l’intérieur de la France.
*La consommation du poisson devrait trouver une place beaucoup plus large dans l'alimentation publique. C'est un vrai malheur que l'on ait entassé chez nous comme à plaisir toutes les mesures tendant à ranger parmi les aliments de luxe ce produit sain, nourrissant, et qui pourrait être vendu à bon marché.
*Les chemins de fer n'ont jamais considéré le poisson frais comme un objet de première nécessité ; ils lui ont appliqué leurs tarifs les plus onéreux.
* Grâce à la salubrité du pays, la population des côtes, soit qu'elle s'adonne à la pèche, soit qu'elle exploite les marais salants, se fait remarquer par une constitution vigoureuse.
Les hommes sont grands et bien découplés, les femmes ont une fraîcheur de teint mainte fois célébrée. Elles y joignent une force remarquable et qui n'exclut point la souplesse. Il suffit de voir, pour en juger, les paludières du salin de Guérande portant sur la tète leurs lourds fardeaux, les pieds nus, en courts jupons, courant plutôt que marchant sur le bord des salines. Dans les familles cependant la vie est dure et parcimonieuse presque jamais de viande, le matin et le soir une soupe maigre, à midi des pommes de terre mal assaisonnées, tel est le menu ordinaire du paludier. Le voisinage de la mer permet d'y ajouter la sardine et quelques coquillages très vulgaires qui ne valent pas la peine d'être transportés dans les villes et qui ne s'y vendraient pas.