Le Pouliguen vient du breton "poullig gwenn", soit petite baie blanche.
Le Pouliguen n'apparaît que vers le XIIIème siècle quand est créé un petit port.
Au XVIIème siècle on y construit de petits navires tandis que plusieurs marchands arment pour la pêche à la morue et que le commerce du sel apporte aux habitants une certaine prospérité.
La prospérité due au négoce du sel est arrêtée au XIVème siècle par les Guerres de Religion entre protestants et catholiques. Le château de Careil est alors la forteresse du calvinisme avec les familles d'Andelot, Coligny et La Chapelle de la Roche-Giffart. La Roche-Bernard, Le Croisic, La Bretesche sont les autres centres les plus ardents de la religion réformée.
Après l'Edit de Nantes de 1598, peu à peu le commerce reprend et en 1626, on construit au port même une autre chapelle dédiée à Saint Nicolas desservie par un chapelain de Batz.
Le Pouliguen devient une paroisse indépendante en 1820 et une commune en 1854 (date de la fusion des deux villages du Pouliguen et de Penchâteau) suite à la loi du 20 avril 1854.
Louis Veuillot, en 1862, écrivait à propos du Pouliguen :
"Le Pouliguen n'était , il y a quelques années, qu'un lieu inconnu et sauvage, où l'on ne voyait personne, où l'on vivait pour rien. Il est maintenant orné de chalets en plâtre, et de deux ou trois cents crinolines. Il y a des pianos, des concerts, des loteries"..., l'essor a été relativement rapide".
De nombreuses grottes, façonnées par les vagues illustrent la côte du Pouliguen : "La Grotte du Diable", "La Tortue", la Grotte des Korrigans", "La Cheminée"....Quand la mer se retire, elle laisse découvrir ces grottes, mais aussi des corniches, des grèvves, des criques.
Et Louis Veuillot, de retour au Pouliguen en 1887 : "Ici rien n'a changé... Quelle magnificience, quelle beauté !".
La légende de la grotte des Korrigans
La grotte des Korrigans, tel est le nom inquiétant d'une cavité du Pouliguen qui se découvre suivant le bon vouloir de la mer. Encastrée dans la côte sauvage, entre la pointe de Penchâteau et la plage de la Govelle, elle n'a cessé de se cacher du temps. Ici, le fantastique surgit de derrière les rochers.
Pierre-Marie Cavalin, paludier rentrait d'une dure
journée de labeur, il tomba, dans le bourg de Batz, sur une vieille femme repoussante qui mendiait.
Généreux, le paludier lui offrit le gîte et le couvert et l'invita à se réchauffer près du feu.
La vieille se transforma alors en une magnifique créature : elle était en fait la reine des Korrigans. Pour le remercier de son hospitalité et de sa bonté, elle lui révéla le secret qui permet d'ouvrir la porte de la grotte aux Korrigans, où le petit peuple cache de grandes richesses.
Les Korrigans étaient petits êtres noirs et vifs, se livrant la nuit à de mystérieuses occupations. Ils s’asseyaient parfois au foyer des gens du voisinage, rendaient des services ou se vengeaient malicieusement des tours qu’on leur jouait. Il aurait existé au fond de cette grotte, un conduit souterrain se prolongeant jusqu’à Guérande et dans lequel le Korrigan faisait disparaître les personnes assez téméraires pour oser pénétrer dans son domaine.
Le paludier pourrait désormais aller s'y servir, à la condition d'avoir regagné sa maison avant le lever du soleil, sinon, tout le trésor amassé disparaîtrait.
Mais le paludier, devant tant de merveilles, fut trop gourmand et oublia l'aube. Dépité et en larmes devant ses pierres transformées en simples cailloux, la reine vint le voir et lui dit : "Tu as été trop cupide, ainsi je ne te redonnerai pas ton trésor, mais comme tu m'as aidée, et que je sais que parfois la vie est dure dans le marais, je t'offre ce plat magique : il se remplira trois fois par jour de la nourriture dont tu rêves".
Le paludier s'en fut avec son lot de consolation et ne révéla jamais le secret qui permet d'ouvrir la porte de la grotte.
Pouliguen - Histoire d’une station balnéaire, par Yves Moreau
"Le 20 mai 1854, Le Pouliguen devient une commune à part entière ; le premier maire est Jules Benoît. Sa population est alors de 850
habitants. On vit de la pêche, du sel et un peu de l'agriculture dans la ferme du Grand Clos ainsi que dans quelques petites exploitations. Le développement des bains de mer et des vacances
d'été, l'arrivée du train et l'essor du tourisme, mais aussi du réseau routier seront à l'origine de l'expansion de la ville [...] Ceux qui fuient les mondanités et cherchent la vraie nature
viennent s'installer au Pouliguen."
Plus de 200 cartes postales anciennes illustrent Le Pouliguen en 1900.
Auteur : Yves Moreau
Date de parution : avril 2011
Editeur : Hc Editions
ISBN : 2357200561
Originaire du Pouliguen, Yves Moreau est très investi dans la promotion du patrimoine de sa ville. Il est notamment membre actif de l'association Les Greniers de la mémoire ainsi que de La Société des amis de Guérande. Yves Moreau est également l'auteur des Jeux de boules à travers la carte postale ancienne, paru en mai 2010 dans la collection "Images d'antan".