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Berck - Premier sanatorium édifié en France

Quelques points d'informations sur Berck

Berck est marqué par son passé maritime (pêche côtière et à pieds) et ce dès le Moyen Age : plus de 100 bateaux, appelés des flobards, accostaient sur la plage de Berck. Ces bateaux ont la caractéristique d'être de forme arrondie et à fond plat, afin de flotter dans moins de 30 centimètres d'eau. En l'absence de port, ils pouvaient donc, au gré de la marée, échouer sur la plage.

Le poisson ainsi pêché, était acheminé dans les grandes villes, par les chasse-marée (véhicules tirés par des chevaux, principalement des boulonnais).

Au début du 19ème siècle, quatre chantiers navals permettaient la construction des bateaux. Le dernier chantier naval a fermé ses portes en 1948.

L'aviation a aussi imprégné l'histoire de Berck. En mars 1904, Gabriel Voisin effectue le premier essai français de vol plané sur la plage à bord d'un planeur.

En mai 1940, Berck est occupé par les Allemands. La ville devient alors la cible de bombardements intenses, qui détruisent le front de mer.  Faisant partie du Mur de l'Atlantique, Berck voit se construire des blockhaus sur la plage. En 1944, le phare est complètement détruit.

   

Berck prend une vocation thérapeutique pour le traitement de la tuberculose osseuse sous le second Empire.

Le sanatorium est un établissement médical spécialisé dans le traitement de la tuberculose. Premier sanatorium de France, l'Hôpital maritime de Berck-sur-Mer a été construit près du pas de Calais, sur un littoral dunaire isolé, en 1861, initialement pour les enfants scrofuleux, rachitiques et "lymphatiques", dénominations qui recouvraient à l'époque de véritables tuberculoses  ainsi que d'autres pathologies liées à la malnutrition, aux pollutions et aux mauvaises conditions d’hygiène et d’habitat qui régnaient dans cette région industrielle minière.

Il y eut quelques maires médecins à Berck. Treize rues portent d'ailleurs des noms de médecins, au dévouement légendaire. Une avenue est consacrée à la mythique "Marianne toute seule", sainte locale qui a, dit-on, déclenché toute l'aventure sanitaire de ce bourg de pêcheurs.

   

Marie-Anne Bouville-Brillard, alias "Marianne toute seule", perd mari et enfants dans une épidémie de choléra, en 1852.  Elle décide d'habiter sur la plage, dans une maison située sur l'entonnoir avec son fils François, sa fille Marie et sa nièce Adèle. Elle garde tout d'abord, les enfants des femmes de pêcheurs parties à la pêche à la crevette, tandis que leurs maris sont au large. Les bienfaits de la mer, la guérison de plaies étaient réconnues.

 

Un médecin local, Perrochaud, lui confie alors la garde d'enfants atteints de rachitisme ou de tuberculose osseuse ; Elle les emmène sur une voiture traînée par un âne, les soigne au grand air et aux bains de mer. Contre toute attente, certains guérissent, au contact de l'air iodé et du soleil et des soins de la veuve. Des rapports sont établis sur l'incroyable densité d'iode concentrée à Berck et Perrochaud avertit l'Assistance publique des hôpitaux de Paris.

C'est alors que cinq religieuses sont envoyées, afin de l'aider et qu'il fallut agrandir sa maison. L'assistance publique décide alors de construire en front de mer un "petit hôpital" provisoire en bois en 1861, à l'entrée de la baie d'Authie, au pied du phare.

 

Plage-de-Berck-en-1854-dessin-de-Emile-Lavezzari--architect.jpgPlage de Berck en 1854 dessin de Emile Lavezzari, architecte

    

Marianne-toute-seule est considérée aujourd'hui comme l'inventeur de la thalassothérapie. La ville va très vite profiter de son renom.

 

L'Hôpital Impérial (ou Hôpital Napoléon)  est inauguré en 1869 par l’Impératrice Eugénie et le Prince Impérial venus de Paris par train spécial. A cet effet, une avenue sera creusée en un temps record, (les routes sont alors de sable) et cette artère porte toujours le nom de "Rue de l'Impératrice".

L'hôpital Napoléon est doté de 700 lits et surtout d'une piscine à eau de mer chauffée. Cette piscine est éclairée par une importante verrière. Des rampes d'accès sont installées pour faciliter la descente des malades. Des poêles permettent de chauffer le local. Ils seront plus tard remplacés par des radiateurs de chauffage central.

 

L'hôpital Napoléon deviendra l'Hôpital Maritime de la Ville de Paris, à la chute de l'Empire en 1870.

Le Docteur Victor-Auguste Menard (1854 - 1934) dirigera l'établissement pendant trente ans dès 1891. Il succèdera au Docteur Cazin. L'hydrothérapie marine voit alors le jour.

En 1892, en raison de laïcisation, les quatre-vingt religieuses Franciscaines qui assuraient les soins, la classe et le service interne, quittent l'établissement et créent en 1894 l'Hôpital Cazin-Perrochaud, dans les locaux du Grand Hôtel. 

Vers 1907, l'Hôpital Maritime passera à 1000 lits, grâce à des agrandissements.

A la fin du XIXème, de très grands artistes (Boudin, Manet, entre autres) viennent à Berck peindre ses ciels. Juste avant la Première guerre mondiale, la Cour de Russie (Raspoutine lui-même) séjourne à Berck, accompagnant le Tsarévitch, jeune hémophile, sur lequel on essaye de nouveaux traitements.

   

Durant la première guerre mondiale, l'Hôpital Maritime sera transformé en hôpital militaire.

La seconde guerre mondiale sera marquée par le transfert des malades vers Paris et l'Hôpital Maritime sera détruit.

Sa reconstruction débutera après guerre et l'inauguration des nouveaux bâtiments aura lieu le 14 octobre 1953.

   

Berck se démarque par son passé médical, qui commence vers le milieu du 19ème siècle avec deux autres institutions : l'Institut Calot et l'Institut Cazin-Perrochaud

   

Institut Calot

En 1900, le Docteur François Calot (1861 - 1944) décide de fonder un hôpital sur le front de mer : il s'appellera Saint-François De Sales, en hommage à son saint patron.

Constitué de trois pavillons : clinique chirurgicale, pavillon pour enfants accompagnés et pavillon pour enfants non accompagnés avec salle de gymnastique, il lui sera compléter de deux dortoirs (un pour garçon en 1901 et un pour filles en 1906).

François Calot était chirurgien et traitait plus particulièrement la tuberculose ostéo-articulaire. Le Docteur Calot s'opposant au traitement chirurgical, préférait traiter les enfants grâce à une méthode orthopédique (immobilisation plâtrée : plâtre d'Abott), associée à l'action bénéfique du climat berckois.

Cette méthode lui value une renommée internationale. Dès 1919, il organise des conférences et en 1921, il est nommé Officier de la Légion d'Honneur.

 

D'une capacité initiale de 100 lits, l'hôpital passera à 600 lits en 1939. La durée d'hospitalisation allait de 1 à 3 ans et l'équipe d'encadrement était composée principalement d'éducateurs (enseignement, activités occupationnelles) et de religieuses.

L'hôpital était, tout d'abord, destiné à une clientèle aisée. Cependant, le Docteur François Calot décida de réserver le bâtiment principal à l'hébergement des familles qui accompagnaient les enfants hospitalisés. Avec l'argent de cet hôtel, le Docteur Calot faisait hospitaliser des enfants défavorisés.

Le Docteur Calot intervenait également dans d'autres établissements et il mourut en 1944.

   

Durant la seconde guerre mondiale, les enfants furent exilés au Château de Vigny dans le Val d'Oise.

Après la guerre, l'Hôpital se consacrera à la chirurgie orthopédique de l'adulte et de l'enfant. Son histoire sera alors marquée par les Docteurs Cotrel et Dubousset.

2000 patients étaient soignés sur Berck, à l'époque, dans les quatre principaux hôpitaux. Les malades, étaient allongés sur des chariots plats appelés "gouttières" qui leur permettaient à la fois de rester en permanence allongés, tout en ayant la possibilité de se déplacer.

Le Docteur Cotrel commença par améliorer la confection du plâtre d'Abott et ajouta au traitement des séances de sport, ainsi que des exercices respiratoires.

Les enfants n'ayant pu être dépistés pendant la guerre, venaient à Berck pour soigner des scolioses avec des angulations très importantes.  Les enfants restaient souvent alors allongés plus d'un an, jusqu'à ce que la fusion osseuse soit obtenue. Mais, il arrivait souvent que les corrections régressaient et il fallu ajouter un étai pour maintenir les courbures graves.

Cette technique avait été mise au point par le Docteur Cauchoix, alors Directeur de l'établissement. 

Le Docteur Cotrel bénéficia d'une bourse, pour effectuer un voyage d'étude aux Etats-Unis, où il rencontra beaucoup de chirurgiens qui opéraient des déviations du rachis.

De retour à Berck, il améliora le corset plâtré en mettant au point la méthode EDF : Elongation, Dérotation et Flexion.

Puis, il utilisa chirurgicalement la tige de Harrington, en améliorant certains aspects.

Tombé malade, il se tourna vers la recherche et plus particulièrement sur manière de réaliser une correction tridimensionnelle des déviations du rachis, afin d'abolir le plâtre.

Une fois le prototype mis au point, il se rapprocha alors du Docteur Dubousset, qui lui proposa d'opérer un jeune adulte atteint de la maladie de Friedrich.

L'opération eu lieue à Saint Vincent de Paul en janvier 1983. Le "Cotrel - Dubousset" (ou CD) était né.

Des chirurgiens américains furent intéressés et commencèrent à utiliser ce matériel. Depuis, le CD a été amélioré par les utilisateurs.

Une Fondation a été créée en 1999, pour la recherche en pathologie rachidienne.

 

L'institut Cazin-Perrochaud

Troisième hôpital créé à Berck, il fut, nous l'avons vu plus haut, réalisé à l'initiative des Religieuses Franciscaines, qui avaient quittées l'Hôpital Maritime.

Tout d'abord situé dans la rue de l'Impératrice, il fut transféré en 1893 dans les locaux du Grand Hôtel.

François Calot acquis ces locaux, pour les céder ensuite aux religieuses. En 1894, l'établissement accueille 100 enfants.

La Chapelle fut construite par la suite. Sa décoration a été réalisée par Albert Besnard pour les fresques et par sa femme pour les structures. Les peintures ont été classées par la Commission des Monuments Historiques.

Avant la première guerre mondiale, 450 enfants étaient accueillis dans cet établissement. En 1915, l'institut était destiné aux soins des blessés de guerre.

 

L'asile Maritime

L'Asile Maritime a une place particulière dans l'histoire de Berck. Dès 1891, il recevait des berckois, hommes ou femmes de plus de 60 ans, sans ressources et en particulier des marins. Les plus valides s'occupaient du jardin ou de la basse-cour, les femmes réparaient les filets de pêche.

En 1974, l'Asile Maritime ferme ses portes pour les rouvrir en 1975 et prendre le nom de Villa des Oyats (en hommage à la Baronne de Rothschild dont le pavillon portait ce nom).

 


Des stations médicales dans les maladies des enfants : Climatothérapie – Hydrothérapie – Eaux minérales – Bains de mer

Docteur E . Perrier

Berck-sur-Mer, Hôpital Maritime.- Pages 148 à 153, 1896

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